We can’t breathe

The installation, “We can’t breathe,” was shown at La Galeru in Fontenay-sous-Bois, France in March and April, 2015. The inflatable artwork features two textile-based human lungs that expand and contract at regular intervals during the day with the help of a hidden motor and Arduino controller.

The installation was produced with technical assistance from the ICI Montreuil Fablab and makerspace. I discuss the work at length in the following peer-reviewed journal article: Jamieson, Anna. & Ozga, Kasia. “We Can’t Breathe.” Dandelion: Postgraduate Arts Journal and Research Network 9, no.1 (Autumn 2018). Birkbeck, University of London. doi: 10.16995/ddl.683

« I can’t breathe » (« J’étouffe ») sont les derniers mots d’Eric Garner, noir américain de 43 ans, dont la mort le 17 juillet 2014 a été filmée par un témoin et est passée en boucle à la télévision et internet. Ils sont devenus le cri de ralliement des manifestants contre l’impunité des violences policières lors de nombreuses manifestations pour les droits civiques qui ont eu lieu aux États-Unis et à l’étranger depuis la décision de ne pas inculper le policier blanc impliqué dans sa mort.

La respiration est une métaphore puissante pour la vie entière : le poumon est un organe permettant d’échanger des gaz vitaux, l’oxygène, qui est nécessaire au métabolisme de l’organisme, et le dioxyde de carbone, qui doit être évacué. Arrêter la vie c’est arrêter cette capacité d’échanger avec l’environnement autour de nous. Ainsi quand des manifestants crient « we can’t breathe », ils insistent sur l’idée que l’inégalité empêche la société entière de respirer et que c’est à nous de changer la politique dominante qui fait passer la sécurité avant les droits de l’homme.

Le projet de Kasia Ozga s’inspire des œuvres gonflables d’artistes comme Annette Messager, Nils Völker, ou Joseph Morris et des réflexions d’Erwin Wurm sur la nature de l’œuvre d’art et son rapport à la maison. L’artiste se demande qui a le droit à posséder l’art et qui décide qui en a besoin. LaGaleru, en tant que vitrine qui vise à questionner, proposer ou provoquer les passants, les invite aussi à se demander à qui sert cette ancienne échoppe de cordonnier. Mon intervention positionne le bâtiment même comme un corps au milieu de la ville et met en avant le rapport entre ce corps et la vie de l’association.