2020 Skinscapes, Atelier Les Charrons, Saint-Étienne, France

Le travail de Kasia Ozga s’articule autour de la notion de peau. En étendant des représentation de peau humaine sur des objets inanimés et en considérant les surfaces peintes comme une sorte de peau, Ozga interroge les membranes comme une métaphore de nos interactions avec le monde extérieur. L’exposition « Skinscapes » comprend des sculptures en céramique tirées de la série « Clay Body Protocol », des sculptures (gilets de sauvetage en mousse), des toiles peintes sur du matériau recyclé et des pièces en 3 dimensions qui mêlent peinture, sculpture et photographie.

La collection d’œuvres réalisées en 2019 et 2020, dont beaucoup ont été produites pendant la période de confinement de mars à mai de cette année, adopte des processus aléatoires et non intentionnels. Différentes techniques de production, y compris l’impression, la couture, la peinture et l’émaillage, produisent diverses textures et variations sur une palette de couleurs commune à l’ensemble des pièces.

Les mots «skin» et «escape», « peau » et « s’échapper », sont implicites dans le titre, « Skinscape ». Ces deux notions sont quelque peu antithétiques : nous sommes nés avec une peau, que nous pouvons essayer de modifier ou d’orner, mais à laquelle nous ne pouvons pas à proprement parler échapper, tant que nous vivons. Nos pensées et nos actions, nées dans les profondeurs de notre corps, vont vers l’extérieur, tentant de dépasser cette enveloppe physique de notre être. Comme le soulignent les événements récents, la couleur ? de notre peau peut nous exclure de certains espaces physiques et sociaux comme nous y inclure. En représentant la peau dans divers états, Ozga évoque le paradoxe du corps comme lieu de confinement et lieu de devenir.